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Comment calculer son TJM (Taux Journalier Moyen) en 2026

La méthode complète pour fixer votre tarif journalier en tant que freelance : revenus cibles, charges, jours travaillés, et les erreurs qui font sous-facturer.

10 juin 20267 min de lecture

Le TJM — Taux Journalier Moyen — est le tarif horaire agrandi à la journée que vous facturez à vos clients. C'est le chiffre central de votre activité freelance : trop bas, vous travaillez pour un revenu insuffisant ; trop élevé, vous risquez de perdre des missions.

Pourtant, la grande majorité des freelances fixe son TJM à l'intuition, en regardant ce que pratiquent leurs pairs, sans jamais vérifier si ce tarif leur permet réellement d'atteindre leurs objectifs financiers. Voici comment calculer votre TJM de manière rigoureuse.

La formule de base du TJM

La formule fondamentale est simple :

TJM = Revenu net annuel cible ÷ Nombre de jours facturables par an

Mais chacun de ces deux paramètres demande un calcul précis. C'est là que beaucoup de freelances se trompent.

Étape 1 : Définir votre revenu net annuel cible

Commencez par votre revenu net mensuel souhaité — ce que vous voulez percevoir réellement sur votre compte bancaire chaque mois, après toutes les charges et cotisations. Multipliez-le par 12 pour obtenir votre cible annuelle.

Exemple : vous souhaitez vous verser 3 500 € nets par mois → revenu net annuel cible = 42 000 €.

Intégrer les charges dans le calcul

Le chiffre d'affaires que vous devez générer est bien supérieur à votre revenu net. Vous devez couvrir :

  • Les cotisations sociales : environ 22 % du CA pour un auto-entrepreneur en prestations de services (taux 2026)
  • L'impôt sur le revenu (ou l'impôt sur les sociétés pour une SASU/EURL)
  • Les charges professionnelles : logiciels, équipements, frais de déplacement, assurance RC Pro, mutuelle…
  • La CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) — exigible dès la deuxième année d'activité

En règle générale, pour un auto-entrepreneur en prestation de services, votre CA doit être environ 1,4 à 1,6 fois votre revenu net cible pour couvrir l'ensemble des charges.

Reprenons l'exemple : 42 000 € net × 1,5 = 63 000 € de CA annuel à générer.

Étape 2 : Calculer le nombre de jours facturables

Une année civile compte 365 jours, mais vous n'en facturez qu'une fraction. Déduisez :

  • 52 samedis + 52 dimanches = 104 jours non travaillés
  • 25 jours de congés payés (équivalent d'un salarié — vous devez vous l'accorder !)
  • 11 jours fériés en France
  • Temps non facturable : prospection, administration, comptabilité, formation, maladie — comptez en moyenne 15 à 25 % du temps de travail

Calcul type : 365 − 104 − 25 − 11 = 225 jours ouvrés. En retranchant 20 % de temps non facturable : 225 × 0,80 = 180 jours facturables par an.

C'est sur cette base que vous devez construire votre TJM — et non sur les 225 jours ouvrés totaux.

Étape 3 : Calculer votre TJM minimum

En reprenant notre exemple :

  • CA annuel à générer : 63 000 €
  • Jours facturables : 180
  • TJM minimum = 63 000 ÷ 180 = 350 €/jour

C'est le plancher en dessous duquel vous ne pourrez pas atteindre votre objectif de revenu net. Mais ce n'est pas nécessairement votre TJM de marché.

Étape 4 : Ajuster au marché

Votre TJM calculé doit ensuite être confronté aux tarifs pratiqués sur votre marché. Plusieurs critères influencent ce positionnement :

  • Secteur d'activité : un développeur senior full-stack facture en moyenne 500 à 800 €/jour en France ; un graphiste junior, 250 à 350 €/jour
  • Niveau d'expérience : chaque année d'expertise supplémentaire justifie une majoration de 10 à 20 %
  • Spécialisation : une niche rare (cybersécurité, IA, domaine réglementaire) commande des tarifs plus élevés
  • Localisation : les tarifs à Paris sont typiquement 20 à 30 % supérieurs à la province
  • Type de client : les grands groupes et ESN acceptent des TJM plus élevés que les TPE/PME

Les zones géographiques et les devises

Si vous êtes freelance en Afrique francophone (Sénégal, Côte d'Ivoire, Mali, Cameroun, etc.), le raisonnement est identique mais les ordres de grandeur diffèrent. Le TJM s'exprime souvent en FCFA ou en euros selon le type de client (local ou international).

Un développeur sénior basé à Dakar travaillant pour des clients européens peut facturer en euros à des tarifs proches des standards européens, tout en bénéficiant d'un coût de la vie plus bas. C'est l'un des atouts majeurs du télétravail international pour les freelances africains.

TJM et taux horaire : comment convertir ?

Si un client vous demande un taux horaire, utilisez la convention suivante :

  • 1 journée = 7 ou 8 heures selon votre secteur
  • TJM de 400 € → taux horaire : 400 ÷ 7 = 57 €/h environ

Attention : un taux horaire peut amener les clients à "optimiser" en ne vous sollicitant que pour quelques heures. Le TJM à la journée est généralement plus avantageux pour le freelance.

Réviser son TJM régulièrement

Votre TJM n'est pas gravé dans le marbre. Il doit être réévalué au moins une fois par an en tenant compte de :

  • L'inflation (l'INSEE publie un indice annuel)
  • Vos nouvelles compétences ou certifications
  • L'évolution de votre marché
  • Vos résultats financiers de l'année précédente

Une bonne pratique : augmentez votre TJM de 5 à 10 % par an avec vos clients existants, et positionnez-vous d'emblée plus haut pour les nouveaux clients.

La règle d'or : ne jamais sous-évaluer votre expertise

La tentation de casser les prix pour décrocher des missions est réelle, surtout en début d'activité. C'est pourtant une erreur stratégique : un TJM trop bas envoie un signal de manque de confiance et de qualité, attire des clients difficiles, et vous condamne à travailler plus pour gagner moins.

Un TJM bien justifié — que vous êtes capable d'argumenter avec votre valeur ajoutée et vos références — est accepté beaucoup plus souvent qu'on ne le croit.

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